SCENARIO POUR UN ANTI-MUSÉE ETHNOGRAPHIQUE

Production collective du Réseau cinéma / Projections
22-24 mars 2017
Laboratoires d’Aubervilliers

Si le principe du musée ethnographique et du jardin tropical consiste à classer, à diviser, à hiérarchiser des cultures et des territoires par le biais des objets ou par celui de la flore et de la faune, dans quelle mesure le cinéma peut-il inventer des démarches qui outrepassent ces divisions ?

Pendant les trois jours de workshop, les étudiant.e.s et enseignant.e.s réuni.e.s, ont tenté d’opérer un déplacement entre leurs recherches jusque-là ancrées dans leurs villes respectives et le territoire d’Aubervilliers. Ils ont essayé d’élaborer un dispositif qui laissait entrevoir ce que le théoricien Achille Mbembe a appelé un « anti-musée » : si le musée est « un espace de neutralisation et de domestication de forces qui, avant leur muséification, étaient vivantes », l’anti-musée serait « en rien une institution, mais la figure d’un lieu autre, celui de l’hospitalité radicale ».

Les rencontres aux Laboratoires d’Aubervilliers ont eu lieu en échange avec l’équipe des Laboratoires et en présence de l’artiste Mohamed Bourouissa le dernier jour pour la restitution des réalisations du workshop.

PAR DELÀ DES MURS ET DES VITRINES

Projection
Vendredi 24 mars 2017, 20h
Laboratoires d’Aubervilliers

En clôture du workshop organisé aux Laboratoires d’Aubervilliers par le Réseau Cinéma, une soirée de projection publique a été proposée, suivie d’une discussion en présence de Mohamed Bourouissa. Cette soirée s’est articulée autour de trois films qui, tout en filmant des objets et des corps, interrogent la possibilité d’un regard post-ethnographique.

« Temps mort » de Mohamed Bourouissa a été réalisé en collaboration avec un détenu via SMS
et MMS, grâce à un téléphone portable introduit clandestinement en prison. Le médium de la caméra devient un vecteur clef pour permettre le dialogue par delà les murs carcéraux. Les images en basse ré- solution rendent non seulement compte de la contrainte imposée aux corps des détenus, mais établissent aussi une passerelle avec l’artiste, resté à l’extérieur.

« The Visitor » de Uriel Orlow est photo-essai autour de la visite de l’artiste au royaume du Bénin, au Nigéria. La conversation entre le roi et l’artiste aborde le rapt des fameux bronzes du Bénin par la Grande Bretagne en 1897. Les objets, bien qu’absents, se font le vecteur de cette rencontre qui inter- roge les modalités de dialogue possible à partir de la violence historique.

« Occidente » de Ana Vaz est un film-poème qui invoque les signes de l’histoire coloniale tout en les déplaçant. Ils ressurgissent dans les objets, dans les corps et les regards, et se font bouleverser par les images.

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